Retissage de la chaîne et de la trame
Retisser, c'est refaire le tissu avant de refaire le dessin. On remonte les fils de chaîne qui manquent, on repasse les trames entre eux, et l'on obtient une fondation neuve, à la densité de l'ancienne, sur laquelle le velours pourra être renoué.

Chaîne, trame, fondation
La chaîne, ce sont les fils tendus dans la longueur, d'un bout à l'autre du métier : le squelette du tapis. La trame, ce sont les fils passés en travers après chaque rangée de nœuds pour les bloquer — le plus souvent deux, l'un tendu, l'autre lâche. Ensemble, chaîne et trame forment la fondation : ce support que l'on voit à nu partout où le velours a disparu.
Le velours n'a aucune existence propre. Chaque nœud est serré autour de deux fils de chaîne et bloqué par la trame suivante. Retirez la trame : les nœuds glissent. Coupez la chaîne : la rangée entière se libère. C'est pour cela que toute réparation profonde commence par la fondation, et jamais par ce que l'on voit.
Une phrase revient souvent chez les propriétaires : « le tapis se défait ». C'est presque toujours exact au sens propre. Quand une trame casse, les nœuds qu'elle bloquait glissent le long de la chaîne et le velours se libère par rangées entières, comme une maille qui file dans un tricot.

Retramer ou retisser
Deux situations, deux gestes. Si les fils de chaîne sont intacts et que seule la trame a cédé — cas fréquent le long des lisières et sur les zones mitées —, on retrame : on repasse du fil entre les chaînes existantes et le tissu se referme. C'est l'intervention la plus légère de la famille.
Si la chaîne est coupée, il faut retisser. On rétablit les fils longitudinaux sur toute la largeur du dommage, en les ancrant loin dans la matière saine pour que la reprise ne travaille pas au bord du raccord, puis on retrame par-dessus. Une reprise ancrée trop court se déchausse à la première manipulation.
La tension décide de tout
Un retissage se juge à plat, plusieurs mois plus tard. Une fondation neuve montée trop tendue tire ses voisines et creuse une cuvette ; montée trop lâche, elle bombe et le velours renoué s'ouvre en éventail. Le travail se fait donc sous tension contrôlée, la zone maintenue sur cadre, et le tapis est remis à plat entre les étapes pour vérifier qu'il ne tire nulle part.
La densité se raccorde aussi. On compte les nœuds au décimètre carré sur une zone saine, puis on reproduit ce compte sur la fondation neuve. C'est ce qui fait qu'un raccord ne se voit pas en lumière rasante — la lumière qui, précisément, révèle tous les défauts de relief.

Le geste le plus lourd de l'atelier
Une fondation reconstituée, c'est un tapis rendu manipulable. On peut le laver sans qu'il s'ouvre, le poser sans qu'il gondole, et surtout renouer le velours par-dessus pour rétablir le dessin. Sans elle, tout renouage finit par se défaire.
C'est aussi le travail le plus lent, le plus technique et le plus exigeant en matière. C'est enfin celui qui sauve les pièces qu'on croyait perdues : un tapis dont la fondation a été refaite retrouve une espérance de vie de tapis, pas de vestige.
Un retissage réussi ne se sent pas davantage qu'il ne se voit. Passez la main à plat sur la zone : elle doit avoir la même souplesse que le reste, sans point dur ni plage morte. Une reprise que le doigt trouve tout de suite est une reprise montée trop tendue.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Faut-il retisser tout le tapis ?
Presque jamais. On retisse la zone détruite et une marge de matière saine autour, nécessaire pour ancrer la reprise. Un retissage étendu à toute la surface relève de la reconstruction, pas de la restauration, et il ne se justifie économiquement sur aucune pièce courante.
Peut-on retisser un kilim ?
Oui, et le geste y est plus exigeant : un tissé plat n'a pas de velours pour couvrir la fondation. La reprise se fait directement dans le dessin, trame par trame, en respectant les fentes verticales caractéristiques du kilim là où les trames se rebroussent.
Combien de temps prend un retissage ?
Cela dépend de la surface, de la densité de nouage et du nombre de couleurs à raccorder. Une chose est sûre : c'est l'opération la plus longue que nous pratiquions, et nous ne l'annonçons jamais avant d'avoir le tapis sur table.
Mon tapis gondole depuis une ancienne réparation.
C'est le symptôme d'une fondation reprise à mauvaise tension. On dépose le travail ancien, on remonte la zone à la tension du tapis, puis on renoue. Le gondolement ne se corrige ni au repassage, ni à la vapeur, ni par une pose sous meuble lourd.
Restauration de tapis
Nos autres prestations

Franges
Une frange n'est pas cousue sur le tapis : c'est l'extrémité libre des fils de chaîne, la structure elle-même qui ressort. Quand une frange s'arrache, ce n'est pas un…
Voir la page
Bordures et lisières
La lisière est la bande serrée qui ferme les deux côtés longs du tapis. C'est la pièce d'usure numéro un : elle prend le passage, les pieds de chaise et les coups…
Voir la page
Trous et déchirures
Un trou dans un tapis n'est pas une tache : il ne reste pas où il est. Chaque pas tire sur les fils libérés, la chaîne se dénoue rang par rang, et une perforation de la…
Voir la pageOu appelez-nous directement au +32 478 05 84 84
Estimation gratuite
Trois photos suffisent pour commencer.
L'endroit, l'envers, un gros plan du nouage. Vous recevez une réponse chiffrée sous 48 heures ouvrées, sans engagement et sans frais de déplacement.
Réponse sous 48 h ouvrées. Aucun engagement, aucun frais de déplacement.